Classé dans : Réflexions | Mots-clefs: celsa, cybernetique, theorie de la communication, wiener
J’étais en train de me dire que ma journée avait été particulièrement usante, que mon genou me faisait mal, qu’il fallait que je me couche tôt … Je me faisais la réflexion que le temps allait trop vite, ou plutôt que notre monde moderne, particulièrement au travail, avait tendance à vouloir le faire aller plus vite. Mais quelle bizarrerie dans le fond : comment aller plus vite que le temps? Tout dépend de quel temps nous parlons. Et de penser au temps des machines et à celui des hommes, quelle bizarrerie aussi me dis-je. Bref, de fil en aiguille et d’association d’idée en association d’idée, mes pensées ont cheminé jusqu’à un de mes maître à penser : Wiener. Wow le souvenir d’école qui ressurgit comme ça (merci le CELSA au passage;) ). Wiener est à l’origine de la théorie de la cybernétique, dont voici la définition du dictionnaire :
Science des processus de commande, de communication, de contrôle et de régulation dans les systèmes (machines, organisme vivant, collectivité). L’informatique est une application de la cybernétique
La cybernétique ( née entre 1943 et 1948 ) est une théorie extrêmement intelligente, fascinante à bien des égards mais surtout une sorte de condensé ultra visionnaire de ce que le monde vit aujourd’hui. Un peu comme si Wiener était le père des réseaux sociaux et du web participatif en somme. Les notions de réseaux et de feed back étant au coeur même de sa théorie.
Petit explicatif pour ceux et celles qui ne voient absolument pas de quoi je parle. Au départ Wineer qui est un scientifique travaillait sur les systèmes de transmission d’information dans un cadre militaire. En observait la trajectoire d’un obus il s’est fait la réflexion qu’au lieu de vouloir absolument déterminer cette trajectoire a priori, il était plus pertinent de pouvoir corriger les défauts de trajectoire en cours de vol. Cela impliquait donc de faire en sorte de pouvoir envoyer un signal (information) à l’objet en vol et d’en attendre un signal en retour donnant certaines indications de position, et/ou de facteurs environnementaux, pour ensuite renvoyer un signal indiquant les corrections de trajectoire etc. Ainsi on avait donc deux machines réglées pour communiquer entre elles afin de guider au mieux la trajectoire de l’obus, soumise à l’environnement et à la théorie du chaos … Il appelle cela une boucle rétroactive :
Le principe d’une boucle rétroactive informant un système de guidage des écarts de trajectoire va profondément impacter tous les champs scientifiques et technologiques du 20° siècle – de la sociologie à l’informatique en passant par la psychologie et la biologie – donnant naissance à une science du contrôle basé sur le primat d’une vision informationnelle du monde. Cette nouvelle science, Norbert Wiener va la nommer la cybernétique
A lire absolument en entier : Article de Christian Fauré
Je vous invite vivement à lire Wiener, à vous documenter sur ses travaux. Voici un avant goût plus fournie que mes explications sus citées, super intéressant, vraiment :
« Nous avons, déclare Wiener, été obligé de forger un mot nouveau » (4). Il ignore alors que ce terme est utilisé dans la classification des sciences proposée par Ampère (1775-1836) où cybernétique désigne la science du gouvernement et que Platon l’emploi dans le même sens dans sa forme grecque. “La cybernétique sauve des périls non seulement les âmes, mais aussi bien les vies que les richesses. C’est une science sage et modeste, elle ne se vante pas, prenant un air important comme si elle accomplissait quelque chose de magnifique. Car le pilote sait qu’en débarquant ses passagers, il ne les a pas débarqués meilleurs qu’ils n’étaient lors de l’embarquement, ni pour le corps, ni pour l’âme” (Gorgias, 511).
Le terme cyber est effectivement d’origine grecque, popularisé aujourd’hui par le logo représentant un gouvernail et les nombreux néologismes qu’il a fait naître : cyberespace, cybercafé, cyberdocumentaliste…
Définition : Wiener lui donne la définition suivante : science du contrôle et des communications dans l’homme, l’animal et la machine. La cybernétique apparaît comme la science qui se donne pour objet l’étude des systèmes vivants et non vivants que l’on peut qualifier d’autogouvernés par opposition aux mécanismes automatiques, au sens ordinaire du mot. Notre monde est intégralement constitué de systèmes imbriqués et en constante interaction. Une société, un réseau d’ordinateurs, une entreprise, un individu ou une machine peuvent donc être considérés comme des « systèmes ».
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D’où l’importance de savoir fixer des objectifs et de savoir gérer le feedback pour tout professionnel sérieux dans l’économie de l’ère informationnelle. Maintenant, que se passerait-il si on envisageait une entreprise comme un espace informationnel gouverné par les principes de la théorie du chaos? Et dans ce contexte, si, au lieu d’appliquer les recettes imbéciles des impulsions hiérarchico-autoritaires de l’organisation dite scientifique du travail, on utilisait les leçons des systèmes complexes auto-adaptatifs pour donner une dynamique à l’entreprise, quel serait l’impact? Food for thought. Merci pour l’inspiration autour de la cybernétique.
Commentaire par alex avril 17, 2008 @ 8:29