Mzelle Célina


Net geners and bloggers
mars 24, 2009, 11:36
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Je viens de terminer un bouquin très intéressant “Grown up Digital“. Pour qui est ultra connecté, rien de très nouveau et rien de révolutionnaire même. Et pour cause : les 11 – 31 ans seraient les Net Geners, autrement dit la génération internet; comme tout le contenu du livre décrit et décrypte ce qu’ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, ce qu’ils consomment, on a l’impression de se regarder le nombril ou d’assister à une grande psychanalyse (oui j’ai 31 ans donc officiellement je n’appartiens pas à la génération Y mais bien à la Net Generation ou génération Z, ce qui m’arrange parce que ça sonne mieux je trouve et ça fait plus branché … pardon “connecté”). On y apprend tout un tas de choses sur les caractéristiques propres à cette génération et ce qui la différencie des autres.

Les Net Geners (enfants des soixante huitards) veulent une liberté dans tout ce qu’ils entreprennent. Liberté de choix, liberté d’expression. Ils ne conçoivent plus le travail comme une nécessité alimentaire mais comme une activité où ils se réalisent, accomplissent des choses enthousiasmantes (le haut de la pyramide de Maslow ;) ). Ils ont pris l’habitude de pouvoir définir et personnaliser leur environnement média. Ils vont jusqu’à faire leur propre contenu qu’ils partagent en temps réel avec des milliers d’autres personnes. Ils aiment modeler leur environnement et ont pris l’habitude de pouvoir le faire dans bien des cas. Ils n’ont pas connu de grande guerre, sont nés avec l’accélération des innovations technologiques, le rapport au temps et à l’espace n’a fondamentalement plus le même sens pour cette génération que pour les précédentes …

Et évidemment c’est la première génération connectée. Connectée au web, cette innovation majeure qui est en train de profondément modifier les modes de communication entre les individus ainsi que le rapport aux institutions, au collectif, à l’information, à l’entreprise, à la publicité, et qu’on le veuille ou non ;) Sans entrer dans le détail, ce bouquin balaie les caractéristiques de cette génération ainsi que leur conséquences dans le réel, conséquences qui sont en train de s’installer durablement a priori. Si on peut largement comparer l’invention “internet” à celle de l’imprimerie, qui en son temps a permis de commencer à imaginer un monde de connaissances et de savoir, diffusés à un grand nombre et pas seulement à une élite, l’analyse des Net Geners décrite dans ce bouquin permet de prendre conscience que l’on est en train de regarder une énorme (r)évolution se dérouler sous nos yeux. On a la possibilité de l’expérimenter tous les jours.

Alors quand j’entends de nombreuses personnes se dire expertes en web 2.0 ou en social media je souris. Qui peut décemment être un expert d’un mouvement en progression, en plein déroulement, qui change chaque jour, dont le fondement même est l’interconnexion entre des millions de gens qui échangent, partagent, diffusent tous les jours etc. ? Il est difficile aujourd’hui de dire ce que va être demain sur internet, ce qu’est le réel pouvoir des réseaux sociaux ou des blogs. Pour ce qui est en train de devenir l’ancien monde, les grands changements n’ont de sens que si ils entrent dans leurs cases. L’ancien monde exige les mêmes réflexes et le même recul que pour ses autres medias qui ont plus de 3 voire 5 décennies d’existence. Mais les gens qui se passionnent pour ces changements, cette révolution en marche, les observent et les analysent, ne peuvent pas être des experts mais au mieux des expérimentateurs, ils ne peuvent pas avoir le recul que vous voudriez qu’ils aient. Ils expérimentent et, cher ancien monde, vous devriez expérimenter avec eux.

Quand la communication allait dans un sens (qui dit à quoi à qui par quel canal et pour/avec quel effet Laswell.) et l’information était dans les mains de grandes institutions à destination d’une audience qui ne pouvait pas spécialement réagir à ce qu’on lui proposait, les codes étaient fondamentalement différents. Les instituts d’études sont là pour analyser a posteriori sur des panels censés être représentatifs, des opinions, des tendances, des comportements … Dans le nouveau monde, on peut observer ces changements chaque jour avec un tant soit peu de méthodologie de monitoring et une sélection de bonnes sources de contenus. Dans l’ancien monde l’unité de mesure de succès d’un message publicitaire est le nombre de fois qu’une personne peut y être exposée, le nombre de fois qu’elle clique etc. Mais cette école behavioriste qui consiste à dire que plus le message se répète plus il est mémorisé et donc plus le produit a de chance d’être acheté, ne peut plus être la seule. Ce que se disent les gens, ce qu’ils font de l’information, ce qu’ils partagent, le temps qu’il passe à lire ou visionner des contenus et ce qu’ils en pensent devient aussi important dans le nouveau monde.

Les entrepreneurs du net et/ou les bloggers (puisque ce sont parfois les mêmes) sont les artisans de ces changements, jamais à court d’idées, de points de vue, de nouveaux contenus, les yeux toujours connectés au monde qui les entoure. Et j’ai eu l’occasion à de multiples reprises de noter dans cette génération et particulièrement dans cette “faune” d’ultra connectés, une énergie à aborder tout ce qui est nouveau, facilite des échanges, accroit des possiblités de partage, développe les opportunités de connexions avec les autres, permet de trouver rapidement des informations utiles et pertinentes, offre la possibilité de créer des contenus, simplifie la vie, les fait jouir de tout quans ils veulent comme ils veulent etc. de manière extrêmement ludique et enthousiaste. Et de cette observation, j’en ai retiré moi même beaucoup d’enthousiasme. Parce que c’est un monde de possibilités et un monde très ouvert qui transparait au travers de cette énergie, parce que c’est d’adaptabilité rapide dont il s’agit également. Et ce avec une génération qui est née avec le sida, n’a connu que des crises économiques, et qui se voit léguer un monde de conflits et de réchauffement climatique … Je suis donc profondément convaincue que les solutions peuvent émaner entre autres de cette génération et de cette faune d’ultra connectés qui est dopée à la recherche d’améliorations en tous genres. Dans un monde capitaliste, la révolution ne peut venir que de gens qui ont du capital. Et cette faune en a. Mais cette génération a aussi un problème qu’elle doit régler : son amour pour l’univers de la surconsomation. C’est ce qui va de paire avec ce “besoin” viscéral de “nouveau”. En réponse à ce besoin le monde d’aujourd’hui ne propose que de nouveaux produits, de nouvelles opportunités de consommer; qui bien souvent engendrent plus de pollution, plus de déchets … … Espérons qu’avec la crise financière et le besoin de repenser un peu la manière dont est organisé le monde aujourd’hui on sortira définitivement de cet ancien monde absurde et trop glouton.

Production en grande quantité, consommation en grande quantité, mesures de performance en termes quantitatifs … on aime la Quantité n’est ce pas? Mais le nouveau monde sera-t-il celui de la qualité? Qualité des échanges, qualité de vie, qualité des rapports sociaux, qualité de la santé publique, qualité des produits, qualité des services … ?

Alors bien évidemment les mouvements humains sont lents, ils peuvent prendre parfois plus d’une génération pour s’installer durablement, et donc cette vision est un peu caricaturale pour le moment. Mais le mouvement est en marche. Qu’en sera-t-il quand les net geners d’aujourd’hui feront partie du toisième âge?



Extrait. Article 13.

En ces temps de réactionnismes, populismes et protectionnismes et notamment sur les problématiques d’immigration (ah oui j’oubliais, la performance économique est le seul critère qui permette à des populations de “bien vivre” lol), je m’interroge sur certains grands principes qui pourraient être universels et contredisant le mauvais esprit ambiant … et j’en profite donc pour livrer un extrait court et intéressant que je livre comme ça sans explication, ça se passe de commentaire de toutes façons :

Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Article 13 :

“1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.”



Wiener : un souvenir de classe mais tellement au gout du jour
avril 16, 2008, 10:03
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J’étais en train de me dire que ma journée avait été particulièrement usante, que mon genou me faisait mal, qu’il fallait que je me couche tôt … Je me faisais la réflexion que le temps allait trop vite, ou plutôt que notre monde moderne, particulièrement au travail, avait tendance à vouloir le faire aller plus vite. Mais quelle bizarrerie dans le fond : comment aller plus vite que le temps? Tout dépend de quel temps nous parlons. Et de penser au temps des machines et à celui des hommes, quelle bizarrerie aussi me dis-je. Bref, de fil en aiguille et d’association d’idée en association d’idée, mes pensées ont cheminé jusqu’à un de mes maître à penser : Wiener. Wow le souvenir d’école qui ressurgit comme ça (merci le CELSA au passage;) ). Wiener est à l’origine de la théorie de la cybernétique, dont voici la définition du dictionnaire :

Science des processus de commande, de communication, de contrôle et de régulation dans les systèmes (machines, organisme vivant, collectivité). L’informatique est une application de la cybernétique

La cybernétique ( née entre 1943 et 1948 ) est une théorie extrêmement intelligente, fascinante à bien des égards mais surtout une sorte de condensé ultra visionnaire de ce que le monde vit aujourd’hui. Un peu comme si Wiener était le père des réseaux sociaux et du web participatif en somme. Les notions de réseaux et de feed back étant au coeur même de sa théorie.

Petit explicatif pour ceux et celles qui ne voient absolument pas de quoi je parle. Au départ Wineer qui est un scientifique travaillait sur les systèmes de transmission d’information dans un cadre militaire. En observait la trajectoire d’un obus il s’est fait la réflexion qu’au lieu de vouloir absolument déterminer cette trajectoire a priori, il était plus pertinent de pouvoir corriger les défauts de trajectoire en cours de vol. Cela impliquait donc de faire en sorte de pouvoir envoyer un signal (information) à l’objet en vol et d’en attendre un signal en retour donnant certaines indications de position, et/ou de facteurs environnementaux, pour ensuite renvoyer un signal indiquant les corrections de trajectoire etc. Ainsi on avait donc deux machines réglées pour communiquer entre elles afin de guider au mieux la trajectoire de l’obus, soumise à l’environnement et à la théorie du chaos … Il appelle cela une boucle rétroactive :

Le principe d’une boucle rétroactive informant un système de guidage des écarts de trajectoire va profondément impacter tous les champs scientifiques et technologiques du 20° siècle – de la sociologie à l’informatique en passant par la psychologie et la biologie – donnant naissance à une science du contrôle basé sur le primat d’une vision informationnelle du monde. Cette nouvelle science, Norbert Wiener va la nommer la cybernétique

A lire absolument en entier : Article de Christian Fauré

Je vous invite vivement à lire Wiener, à vous documenter sur ses travaux. Voici un avant goût plus fournie que mes explications sus citées, super intéressant, vraiment :

« Nous avons, déclare Wiener, été obligé de forger un mot nouveau » (4). Il ignore alors que ce terme est utilisé dans la classification des sciences proposée par Ampère (1775-1836) où cybernétique désigne la science du gouvernement et que Platon l’emploi dans le même sens dans sa forme grecque. “La cybernétique sauve des périls non seulement les âmes, mais aussi bien les vies que les richesses. C’est une science sage et modeste, elle ne se vante pas, prenant un air important comme si elle accomplissait quelque chose de magnifique. Car le pilote sait qu’en débarquant ses passagers, il ne les a pas débarqués meilleurs qu’ils n’étaient lors de l’embarquement, ni pour le corps, ni pour l’âme” (Gorgias, 511).
Le terme cyber est effectivement d’origine grecque, popularisé aujourd’hui par le logo représentant un gouvernail et les nombreux néologismes qu’il a fait naître : cyberespace, cybercafé, cyberdocumentaliste…
Définition : Wiener lui donne la définition suivante : science du contrôle et des communications dans l’homme, l’animal et la machine. La cybernétique apparaît comme la science qui se donne pour objet l’étude des systèmes vivants et non vivants que l’on peut qualifier d’autogouvernés par opposition aux mécanismes automatiques, au sens ordinaire du mot. Notre monde est intégralement constitué de systèmes imbriqués et en constante interaction. Une société, un réseau d’ordinateurs, une entreprise, un individu ou une machine peuvent donc être considérés comme des « systèmes ». 

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